(un tour du monde suivi de balades en France et en Europe...)
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Arrivés à l'extrême nord de la Finlande en provenance du Nordkapp, le briefing quotidien avait pour but de pour discuter de la suite des évènements, qui était initialement de commencer notre descente vers le sud..
Mais comme vous le voyez sur la carte, ce n'est pas ce qui s'est passé !
Ce qui s'est passé, c'est que la tentation s'est faite jour de regoûter encore une fois aux paysages de fjords norvégiens et de découvrir le mythe de l'océan arctique..
Et malgré que j'ai récité tous les dimanches il y a bien longtemps dans un petit village du Berry "ne nous soumets pas à la tentation" sous les ordres du bon père Poirier, ça n'a apparemment pas fonctionné puisque... nous avons cédé à la tentation !
J24
Nous avons donc, depuis le camping du meilleur sauté de renne de Finlande (!) , repris la route du nord au sein de la Laponie finlandaise qui commence nettement à faire place à la toundra plutôt qu'à la forêt boréale sous ces latitudes.
Nous croisons au passage le début d'un sentier de randonnée renommé vers les gorges perdues de la rivière Kevo que l'on aperçoit depuis la route.
Arrivée ensuite à Utsjoki, petite bourgade frontalière, essentiellement visitée par les amateurs de pêche au saumon attirés par la possibilité de pêches miraculeuses, (20 % du saumon pêché en Europe viendrait de la région !)
On y visite un site de "village église" comme nous avions vu en Suède : au pied de l'église du coin, pour laquelle venir à la messe était parfois toute une expédition, on pouvait loger pour la nuit les paroissiens éloignés
Les cabanes restaurées forment un site en pleine nature au décor paisible
La visite des intérieurs réaménagés est à disposition des visiteurs pour parfaire l'ambiance... et c'est assez bien fait.. on s'y croirait...
Et on peut suivre un sentier au bord du lac... avec des panneaux répartis sur le trajet récitant des psaumes !
Rencontre sympa à l'heure de pique nique avec un pic épeiche qui tourne autour du tronc d'un bouleau sans se décider à marteler le tronc, jugeant sans doute qu'il a peu de chance d'y trouver à manger...
Utsjoki, ville frontalière donc, qui nous permet en traversant un simple pont, et sans formalité aucune, de reculer à nouveau nos montres d'une heure et de retrouver la Norvège.
La différence de paysage est frappante puisqu'on passe de longues heures de route de forêts inhabitées à une route entourée de terres cultivées et de minuscules villages avec même.. des vaches ! (si, si des vaches à l'extrême nord de la Laponie !
La route vers l'est longe la rivière Tana, qui est donc renommée pour être la plus riche en saumons de la région, mais sert aussi de frontières entre les deux pays, avec une route qui la longe sur chaque rive, une route norvégienne et une route finlandaise.
Puis arrivent les paysages espérés avec le début de l'immense Varangerfjord que nous allons aborder par sa rive nord en direction de la sauvage péninsule de Varanger
Région réputée comme un paradis pour ornithologues, mais surtout au moment des migrations (printemps / automne) : le "bird site" que nous avons visité en été ne montrait plus que des mouettes et des goélands comme sur toute la côte, sans plus, les migrateurs étant partis !
En fin d'après-midi, halte seuls au monde sur un "spot" au bord de l'océan arctique, avec une météo encore idyllique, à quelques dizaines de mètres de la route.... pour une soirée employée à se faire des films sur ce que doit être ce spot les soirs de tempête arctique ou bien en hiver entouré d'un blanc immaculé par - 40 ° !
J'emploie assez facilement le terme "bout du monde"... mais là, au bord de l'océan arctique... ça paraissait vraiment approprié...
Contrairement au Nordkapp (où l'on est pas vraiment seuls !) nous avions cette fois pour seule compagnie... les mouettes tridactyles !
On avait le net sentiment de vivre un moment particulier... un des grands moments du voyage.
J25
Toujours route au nord, toute !
Le long de la E75, classée par la Norvège comme route à haut intérêt touristique, pour ses paysages nus et sauvages rappelant les immenses étendues de l'île de Mageroya
Même sensation d'être tous petits au sein d'un environnement grandiose et certainement vite hostile dès que la saison avance...
Arrivés à un petit port en regard de l'île de Vardo, sur laquelle est située la dernière bourgade importante de la péninsule : on cherche sans le voir, le pont que l'on voyait sur la carte... avant de comprendre... qu'il s'agit d'un tunnel sous-marin qui relie l'île au continent !
Petite ville insolite sous cette latitude, loin de tout et, en plus... sur une île qui, certes, à une époque devait permettre de se protéger (on a vu un fort de type Vauban témoignant de ces temps troublés !) mais de nos jours renforce encore l'impression d'isolement : la ville la plus proche est à 70 kms ...
On a pu se réapprovisionner en vivres et en essence avant de poursuivre notre route vers nulle part..
Non sans jeter un coup d'oeil au port de pêche
En notant au passage, que , oui, il semble bien y avoir une extrême droite norvégienne.. qui a des inspirations trumpiennes douteuses !
Toujours plus au nord, le paysage change de façon spectaculaire, la route parcourant soudain une côte devenue rocheuse et découpée
voire... escarpée et inhospitalière, qui restera certainement comme le paysage le plus spectaculaire du voyage (en tout cas pour l'instant..)
Le paysage est, je ne sais pas... comme épuré, sous une lumière oblique fascinante (le soleil ne monte jamais bien haut dans le ciel à cette latitude).
Alors que nous imaginions la côte de l'océan arctique rocheuse et escarpée... elle l'est, certes, mais quelle n'est pas notre surprise d'y trouver de grandes plages de sables que n'aurait pas reniée l'Australie de nos souvenirs de l'an dernier (bon... ok...la différence c'est qu'il n' y a personne dans l'eau )
Pas tout à fait déserte, la côte montre des maisons isolées de loin en loin, qui ne sont pas utilisées à l'année mais seulement comme résidences secondaires en été
Les rennes y sont bien évidemment chez eux !
Puis on atteint le but de l'escapade dans cette péninsule de Varanger, le minuscule village de Hamningberg.. où la route s'arrête, ce qui a toujours un impact très fort sur mon imaginaire..
Quelques maisons colorées et une plage aux confins du monde où l'on est tous seuls.. la fin de la route...
Une plage au premier abord comme une autre, avec l'océan d'un bleu profond , des vagues qui meurent sur le sable au milieu des mouettes... mais qui restera à tout jamais pour nous très spéciale :
Ici, c'est l'océan arctique...
On est arrivés aux confins du monde...
Un rêve s'est réalisé aujourd'hui.