(un tour du monde suivi de balades en France et en Europe...)
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Comme chacun s'en douterait, arrivés au Cap Nord, à moins de trouver un bateau pour le Spitzberg, il n'y a pas d'autre choix que redescendre vers le sud !
Vous le voyez, aucun bateau n'a voulu nous prendre et nous avons donc mis le cap sur notre prochaine destination : la Finlande.
Mais avant cela, il fallait faire nos adieux au Finnmark qui feront l'objet de cet article...
J22
Adieux un peu difficiles en quittant cette incroyable ile de Mageroya, en ayant tous les deux un pincement au coeur à l'idée de quitter ces paysages envoutants et épurés qui nous poursuivront certainement longtemps...
Le cap Nord, ce n'est pas une expérience anodine : ça vous emmène très haut dans les émotions et après.... il faut redescendre !
Questions que posent la vie dans ce monde inhospitalier : mais comment les rennes font ils quand l'hiver arrive avec ses - 40° ? (ok ils ont deux couches de fourrure avec une couche d'air au milieu, mais quand même !)
Ce couple de pluvier perdu dans la toundra pourrait poser la même question
Mais lui, on sait : il fiche le camp vers le sud à la fin de l'été !
Avant de nous résoudre à quitter l'île, on fait une halte à Honningsvag, le port et principale agglomération pour y goûter son ambiance paisible et colorée et visiter le Nordkapp Museet pour plein d'infos sur l'histoire de l'ile... depuis ses premiers visiteurs jusqu'à l'essor du tourisme qui fait vivre les gens, en plus de la pêche.
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On apprend par exemple que le premier touriste du cap nord en 1663 (quand il n' y avait pas de camping-car !) est Francesco Negri, un pretre italien qui s'est passionné pour la nature scandinave et le peuple sami au point d'y rester 3 ans, d'être le premier européen à avoir appris à skier puis d'en écrire un livre référence qui sera publié après sa mort !
On révise aussi que l'histoire récente du Finnmark est douloureuse : lorsque la Norvège occupée a vu partir les allemands sentant le vent de la défaite en 1944.... c'était après avoir déporté au sud du pays tous les habitants de la région (sauf ceux qui s'étaient cachés dans la forêt pour y passer l'hiver 44...) et avoir pratiqué la politique de la terre brulée en incendiant tous les villages derrière eux !
Vous voyez une photo d'Honningsvag complètement détruit en dehors de l'église : en 1945, lorsque les habitants sont revenus il a fallu absolument tout reconstruire de 0 !
De nos jours la bourgade, remise de cette noire période, vit de la pêche avec ses bateaux colorés partant affronter les eaux inhospitalières de cette région du monde
ou bien du tourisme avec les bateaux de croisière débarquant leurs flots de touristes que des autobus emmènent au cap nord.
Après nous être résolus à reprendre le tunnel pour quitter l'île, la route vers le sud longe l'immense Polsangerfjord sur 120 kms et sa côte balayée par les vagues venant se briser sur ses photogéniques roches de schiste " feuilletées"...
Bien visible sur les falaises au dessus de la route..
Nuit dans un camping au bord d'une rivière où l'on se prend, dans une étrange lumière ouatée, à fantasmer sur le soleil de minuit (bon.. il est 19 heures, mais c'est un fantasme, on a le droit, ok ?)
J23
Adieu au Fjord sous un ciel qui se couvre, ce qui devait forcément arriver après les 3 jours de météo incroyable que nous avons vécus.
Destination Karasjok, la capitale du pays sami où se trouve leur parlement !
Les samis des 3 pays scandinaves se retrouvent ici pour légiférer sur la défense de leurs droits et de leur culture et vous voyez sur la photo leur assemblée nationale à eux : nulle doute que le niveau des débats soit plus dans le respect mutuel et moins dans l'hystérie et l'invective que chez nous !
Déjà, il y a 9 langues : il faut attendre que les traducteurs aient fini de traduire avant de répondre, ça donne déjà le temps de réfléchir !
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Non loin de là un passionnant petit musée esquisse des pans de la culture sami et je vous remet un tambour car leur pouvoir d'évocation est très fort, utilisé pour les rites de sacrifice et de guérison..
Chacun est porteur d'une histoire destinée aux générations futures comme celui-ci où il est question de l'arrivée du christianisme dans cette population au départ animiste , les bâtiments représentés avec des croix étant (mais oui !) des églises où se rendent les gens tandis que s'agitent dans la partie inférieure les démons du monde souterrain..
Ce tambour a été rapatrié d'un musée européen où il ne parlait plus à personne, considéré comme un objet de décoration alors qu'il est bien plus que ça, avec une histoire à raconter, ici à Karasjok, devant des gens qui la comprennent ..
Les samis revendiquent, ainsi, le retour de tous les tambours dispersés dans le pays d'Europe, où ils ne sont plus vivants, sans personne pour recueillir leur message...
Quelques kilomètres, plus loin, on fait comme les samis, on ne se donne pas de limites avec les frontières et on retrouve la Finlande : immédiatement les routes redeviennent toutes droites ... et il n' y a plus personne sur des dizaines de kms !
Et pour finir, halte le soir dans un autre camping paisible en bord de rivière où le nombre de camping cars est en chute libre par rapport aux jours précédents et ou, en toute modestie on se vante de servir le meilleur ragoût de renne de toute la Finlande, avec une recette secrète issue de la tradition samie !
Comment ? et oui , on a mangé du renne ! et on compte sur vous amis lecteurs pour garder cette information confidentielle auprès de nos petits enfants qui ne nous le pardonneraient probablement jamais ...